Interview : Laurent Roussel # Président Valad France

«Le marché est tendu et restera mou pendant 2 à 3 ans ! »

Immosnews : Pouvez-vous nous retracer les grandes étapes de Valad ?

Laurent Roussel : Cette entreprise a été fondée en 1999 sous le nom de GVIO au titre d’un joint-venture entre deux sociétés, l’une française  (GVI) et l’autre britannique (IO). Nous avons constitué, durant les années 2000, 3 fondsdédiés aux locaux d’activités

multi-locataires. Cela nous a permis d’occuper une place de choix sur ce marché. En 2007, Valad opérateur immobilier Australien côté à la bourse de Sydney a acquis la maison mère londonienne de GVIO. En raison de certains déboires à la bourse, Valad a été reprise par un des fonds de Blackstone via une OPA en août 2011. Suite à ce Rachat par Blackstone, Valad a été séparée en deux entités : Asie/Pacifique d’un côté et Europe de l’autre. Valad France composée de 25 personnes et que je préside est filiale à 100 % de Valad Europe, maintenant société non-cotée.

Immosnews : Que vous apporte votre actionnaire Blackstone ?

Laurent Roussel : Nous avons pu élargir nos interventions en devenant une plateforme immobilière (investment management, asset management et property management) pan-européenne nord à travers sa présence dans 12 pays et 22 bureaux orientée actifs multi-locataires. De fait le positionnement de Valad France qui en découle, lui permet de s’intéresser dorénavant pas seulement aux locaux d’activités mais d’élargir son spectre d’intérêt sur des actifs multilocataires plus tertiaire voire bureaux.

Immosnews : Quelle est votre politique d’investissement ?

Laurent Roussel : On reste intéressé par notre classe d’actifs historique mais sélectif, à savoir des produits récents dans les trois bassins parisiens, lyonnais, lillois et éventuellement Marseillais, (investissements supérieurs à 5 millions d’euros). Après, on regarde des classes d’actifs homogènes tertiaires  (mixte et/ou bureaux) multilocataires.  Cela peut-être des business parc de périphérie urbaine, des bureaux en centre-ville de région, (pour des portefeuilles de l’ordre de 50 millions d’euros).  De façon plus opportuniste des sites industriels à requalifier en proche couronne parisienne, (investissements entre 5 et 25 millions d’euros). En dernier lieu, on peut s’intéresser à des portefeuilles hétéroclites et de grandes tailles avec un vrai travail d’asset management à y produire, (investissements supérieurs à 100 millions d’euros) grâce à la surface financière de nos investisseurs et de notre actionnaire.

Immosnews : Avez-vous des particularités dans vos politiques de commercialisation et de gestion ?

Laurent Roussel : Nous sommes très présents auprès de tous les commercialisateurs de la place sans exception et sans exclusivité. Il est important de préciser qu’en raison de notre portefeuille d’actifs de taille moyenne supérieurs à 15.000 m2, rassemblant plus de 20 locataires, nous entretenons un rapport de confiance avec nos locataires entrainant une forte fidélisation. Pour préciser le propos, Valad France signe environ 200 baux par an dont la moitié l’est avec les locataires actuels.

Quant à la gestion, nous développons une stratégie de présence physique et technique forte à travers nos mandataires nous permettant de faire la différence dans la qualité de service au quotidien.

Immosnews : Comment entrevoyez-vous l’évolution à court terme des marchés ?

Laurent Roussel : La période montre que les trois marchés sur lesquels nous sommes installés  (utilisateurs, investissement et dettes) sont figés et de façon concomitante, ce qui pour moi, au regard de mon expérience est une première ! En particulier, le marché des utilisateurs, très sensible à « l’ambiance économique » est fortement tendu. Le seul marché qui fonctionne encore correctement est celui des ventes à utilisateurs (PME/PMI), nous signons une à deux affaires par mois pour des montants sensiblement supérieurs à ceux évalués par les expertises ! Au final, les perspectives que nous entrevoyons sur le marché locatif sont plutôt moroses à court et moyen terme ! Le marché de l’immobilier en France est mature, sur et non volatile, ce qui le préserve à cejour. Je pense que le marché sera très « mou » pendant les deux à trois années au niveau de l’investissement en France.